Les grandes orgues de
Saint Louis

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Attention Programme du concert du 2 février 2017

L'orgue Formentelli

Historique de l'orgue

Bartolomeo Formentelli, né en France de parents français d'origine italienne, est un amoureux des techniques de construction anciennes (celles des XVIIème et XVIIIème siècles). L'"Art du facteur d'orgues" du célèbre bénédictin Dom Bédos est son livre de chevet. Il est l'auteur de travaux très réussis et a réalisé, en France, des restaurations appréciées, dont la reconstitution du grand Moucherel de la Cathédrale de Sainte-Cécile d'Albi.

Le buffet

C'est un massif tout de cerisier et de merisier. Le soubassement comprend la console des claviers "en fenêtre".

Tout en haut, le Grand-Orgue, buffet de 8 pieds, formé de trois tourelles et de deux plates-faces, agrémentées de moulures.

Immédiatement en dessous, au centre de l'instrument, le Récit et son buffet de 8 pieds, avec façade en double tiers-point.

La pédale est placée dans un double buffet de 16 pieds ; elle est disposée de chaque côté du massif et comprend deux tourelles, deux plates-faces d'angle ornées de moulures. Au niveau de la première corniche se détache, au pied des plates-faces d'angle, la Buccine de 2 pieds en chamade.

Le positif de dos est de 5 pieds. Il comporte trois tourelles et deux plates-faces.

Sans doute, l'orgue Formentelli ne possède pas les étonnantes sculptures que l'on admirait tant sur le buffet de Saint-Antoine, mais les lignes sobres de ce magnifique ensemble s'accordent parfaitement à celles de l'édifice. De plus, les tuyaux de montre, tous de fin étain, éclairent cette châsse sonore qui resplendit d'or et d'argent.

Le relevage de cet orgue, nécessaire après 30 années d’utilisation, a été effectué par ce même artisan entre mai et février 2012, à l’instigation de la Mairie de Grenoble, propriétaire.
Ayant retrouvé une nouvelle jeunesse, l’orgue de Saint-Louis doit continuer à se faire entendre, et jouer son rôle dans la vie culturelle grenobloise. C’est à quoi s’emploie l’Association des Amis de l’Orgue de Saint-Louis, dont tous les administrateurs sont entièrement bénévoles.

L'orgue Louis Quatorzien

Portant la côte 1Q344, se trouve aux Archives de l'Isère, un dossier intitulé "Mobilier National - Orgues", particulièrement éloquent et précieux. Il contient le procès-verbal de l'inventaire estimatif des orgues de la ville de Grenoble. Cet inventaire fut établi par deux experts désignés, Antoine Berger, organiste, et Cézar Pons, luthier.

Parmi les instruments inventoriés se trouve "l'orgue de la ci-devant paroisse de Saint-Louis".

Il s'agit d'un orgue de type traditionnel français. Avec ses deux claviers principaux, son clavier d'écho et sa pédale de trois jeux. Mais les jeux de Viole mentionnés sont peu courants dans la facture française de l'époque.

Qu'est devenu cet orgue ? nul ne le sait. Boiseries dépecées, ferronnerie vendue au poids, tuyaux fonds en lingots ... Il ne subsistera que la tribune sur laquelle viendra prendre place, en 1805, l'orgue de l'Abbatiale de Saint-Antoine en Viennois qu'une décision d'Etat attribuait à la paroisse citadine.

Histoire rocambolesque, à la limite du dramatique, mais qu'il serait trop long de conter ici en détail, en voici un résumé.

L'orgue de Saint-Antoine

Nous sommes en 1804, la municipalité de Saint-Antoine a de sérieux soucis. Saint-Antoine, bien oublié depuis que les grands et fructueux pélerinages d'avant la Révolution n'animent plus ses vieilles rues et n'amènent plus ni les foules, ni les deniers ... Ses chemins sont dans un état lamentable, ses ponts, proches de l'écroulement et les caisses municipales presque vides ! Pour trouver l'argent nécessaire à ces urgentes réparations, la commune songe à tirer parti du mobilier de l'abbatiale désaffectée et argent d'un bien particulièrement précieux : les splendides orgues, orgueil de l'église et de la région.

Ces orgues, pour la perfection desquelles, des années, des siècles durant, les religieux antonins n'avaient reculé devant aucune dépense, sont en effet très belles et pratiquement intactes, ayant franchi victorieusement le tumultueux passage de la Révolution, cela grâce à l'astucieux organiste du moment, Jean Fery qui, dans l'église transformée en temple décadaire, n'avait pas hésité à jouer chants patriotiques et hymnes à la déesse Raison.

Face à ces difficultés, Saint-Antoine pense sérieusement à une vente qui ne peut être que source de bon profit, estimant aussi, fort justement, qu'un trésor de cette importance serait mieux à sa place ailleurs que dans une bourgade isolée au bord des grands bois de Chambarand. D'autre part, les paroisses des grandes cités voisines regardaient d'un oeil jaloux cette merveille perdue en sa lointaine campagne.

Passons sur toutes les transactions et les maladresses des uns et des autres, de celles du maire de Saint-Antoine particulièrement (car il est le grand responsable, il n'y a aucun doute sur ce point). Toujours est-il qu'au matin du 27 septembre 1805, une note officielle arrivait à la Préfecture de l'Isère et à la Mairie de Grenoble. Par décision du Ministre des Finances, les orgues de Saint-Antoine étaient adjugées, gratuitement, à l'église Saint-Louis, la Directions des Domaines étant chargée de faire opérer le délicat transport. Mais trois brigades de gendarmerie durent être réquisitionnées pour entourer l'abbatiale pendant le démontage et pour accompagner les charrois jusqu'à Grenoble.

Le remontage, confié à un certain Jacob Murry, ne fut pas sans histoires. Ce facteur "dépeça" l'instrument à son profit et à celui de quelques clients pour lesquels il devait construire des orgues avec ... les tuyaux de l'orgue de Saint-Antoine. Procès, condamnation, s'en suivirent. En 1902, une soi-disant restauration consomme le massacre. Cependant, diverses améliorations furent apportées à l'instrument lors de deux "relevages", ce qui mui permit de vivre jusqu'à son départ. Mais de sa belle ordonnace, de la clarté de ses timbres XVIIIème siècle, il ne restait malheureusement plus rien. L'orgue, à cette époque, comptait 41 jeux et sa traction était électro-pneumatique. Sa composition était la suivante :
Grand-Orgue Récit expressif
  • Montre 16
  • Montre 8
  • Prestant 4
  • Doublette 2
  • Bourdon 8
  • Flûte 8
  • Flûte 4
  • Gambe 8
  • Dulciane 8
  • Fourniture III-IV
  • Trompette 8
  • Clairon 4
  • Flûte 8
  • Flûte 4
  • Bourdon 8
  • Gambe 8
  • Voix céleste 8
  • Doublette 2
  • Tierce 1 3/5
  • Cymbale II
  • Hautbois 8
  • Trompette 8
  • Voix humaine 8
Positif expressif Pédale
  • Quintaton 16
  • Principal 8
  • Bourdon 8
  • Flûte 8
  • Flûte 4
  • Salicet 2
  • Nazard 2 2/3
  • Octavin 2
  • Tierce 1 3/5
  • Cromorne 8
  • Contrebasse 16
  • Soubasse 16
  • Echo basse 16
  • Flûte 8
  • Flûte 4
  • Bombarde 16
  • Trompette 8
  • Clairon 4

Ses timbres étaient très délicats, mais il n'en pouvait plus. Il allait expirer sous peu. Après 175 ans de service, l'orgue se faisait entendre pour la dernière fois le jour de l'Epiphanie 1980. Démonté, ses éléments expertisés, il sera replacé dans l'Abbatiale de Saint-Antoine. Mais il faudra du temps pour reconstruire dans le magnifique buffet un orgue neuf et d'esthétique Louis XIII. Le résultat de ces travaux est décrit sur le site web de l'orgue de Saint-Antoine l'Abbaye.